François Gabart remporte The Transat 2016 : l’ère du navigateur-ingénieur ?

François Gabart vainqueur de The Transat 2016

 

François Gabart vainqueur de The Transat 2016

 

Course historique et prestigieuse, qui a révélé au grand public nombre de navigateurs de légende, The Transat Bakerly a trouvé mardi 11 mai 2016, à 18h24, heure de New-York, François Gabart, son nouveau champion en titre, 8 ans après sa dernière édition.

Si la transatlantique en solitaire incarne toujours le combat entre l’homme et l’océan, entre le physique et la volonté, les règles du jeux ont changé, et avec une traversée, qui aura duré 8 jours et 8h54, certes en multi-coque, François Gabart est loin de l’épopée d’un Eric Tabarly, qui, en 1964, avait passé 27 jours en mer avant de passer, en vainqueur, une ligne d’arrivée alors salvatrice.

Du haut de ses 33 printemps tout frais, si François Gabart est avant tout un navigateur passionné, qui cumule les victoires et multiplie les performances, c’est aussi un ingénieur de formation qui laisse peu de place au hasard et affiche une rigueur toute scientifique dans son approche de la navigation. Une approche moderne de la voile et de la course, qui implique une collaboration parfaite entre un homme, une équipe à terre et un bateau. Tout cela aujourd’hui complété par une maîtrise des outils de positionnement et d’analyse de performance qui rationalisent de façon quasi scientifique l’approche de la navigation, et la vision de la course.

13221012_250748051946937_4171464083261859888_n En témoigne la route choisie pour rallier Plymouth à New York, contournant soigneusement l’anticyclone des Açores avec une voie beaucoup moins directe, mais largement calculée grâce aux nouveaux outils de prévision météo, couplés aux dernières technologies GPS, pour offrir à son trimaran de 60 pieds, des vents porteurs réguliers et consistants, lui permettant de faire presque l’intégralité de la course en tête (il aura passé moins 24h dans la position du poursuivant).

Une évolution naturelle tant la partie technique et technologique des bateaux est devenue un élément clé de la compétition. C’est donc, au delà de la performance sportive pure, un véritable travail collectif, tout à fait comparable à ce que l’on connait dans les sports mécaniques, qui lie le navigateur à son équipe d’ingénieurs et de mécaniciens, dans le défi humain, technique et collectif, que représente une course à la voile en solitaire.

D’ailleurs, c’est encore François Gabart qui résume le mieux, dans l’analyse de sa traversée, l’évolution de la course à la voile en solitaire, en commentant sa traversée au nom de son équipe :

« Pendant la course, j’ai noté pas mal de petites choses. Nous avons un potentiel de développement énorme tant d’un point de vue technique que sportif. »

 The Transat 2016, nous aura donc démontré une nouvelle fois l’évolution de la voile : si la course se déroule sur l’océan, et toujours en solitaire, la préparation technique, la maitrise technologique et le travail en équipe sont désormais les facteurs clés qui mènent au succès.