Le Musée de la Mer et de la Marine : « Une Pierre Pour la Mer »

Norbert Fradin et Alain Juppé posent la première pierre du Musée de la Mer et de la Marine

Suite à la pose de la première pierre du futur Musée de la Mer et de la Marine, le 28 avril dernier, aux Bassins à Flot, voici l’article paru dans Sud Ouest pour l’occasion.

Norbert Fradin et Alain Juppé posent la première pierre du Musée de la Mer et de la Marine

 

« Il a rénové à grands frais le château du Prince Noir, à Lormont, une ancienne ruine qui toise désormais fièrement les six voies de la rocade, au pied du pont d’Aquitaine. Il vient de racheter le siège de la Caisse d’Epargne, une pépite de l’architecture des années 70, à Mériadeck. Il injecte des millions dans la remise sur pied du château de Villebois-Lavalette, un castrum du XIIème siècle entre Charente et Dordogne. Les châteaux médiévaux de Villandraut et de Budos sont aussi à lui. La liste n’est pas exhaustive. On oublierait presque son incroyable collection de voitures et ses 1500 maquettes de bateaux. L’appétit du promoteur immobilier Norbert Fradin semble insatiable.

 

Le Fruit de la passion.

Hier soir l’homme a posé la première pierre de son dernier projet fou : le futur Musée de la Mer et de la Marine de Bordeaux. Un édifice qui doit ouvrir ses portes au public à la mi-2018, au bord des Bassins à Flot, dans le quartier de Bacalan, à deux pas de la Cité du Vin. Dans son discours, le maire Alain Juppé a longuement remercié Norbert Fradin de construire, à ses frais, ce qui devrait être l’une des grandes attractions touristico-culturelles de la ville dans les prochaines années. Ce n’est pas tous les jours que la collectivité voit tomber tout cuit un projet de la sorte, financé par un privé. Norbert Fradin prévoit de consacrer entre 20 et 30 millions d’euros pour la construction de son musée. C’est le prix de sa passion pour plusieurs choses à la fois : les bateaux, la marine, la mer et l’histoire de Bordeaux. Conçu par les architectes de BLP (Olivier Brochet, Emmanuel Lajus, Christine Pueyo), dont l’agence est de l’autre coté du même bassin, le musée de la Mer superpose des plans inclinés de taille décroissante, dans un mouvement hélicoïdal, à l’assaut d’un belvédère final hérissé de mâts qui termineront des coques de bateau.

 

Un air de tour de Babel

Le cheminement est conçu à la manière d’un espace public, une rue grimpant comme un lierre sur le musée, où l’on pourra se promener. Il y a un petit air de Tour de Babel dans ce projet, qui proposera plusieurs langages. Celui de l’Histoire et du patrimoine, avec une collection permanente de bateaux pour partie issue de feu le Conservatoire de la plaisance (qui existait à la base sous-marine) et qui s’enrichira également d’acquisitions. Le monocoque « Vendredi 13″, selon Norbert Fradin, « la légende absolue », fait partie du lot. Et puis, comme le musée ne veut pas être cantonné à une exposition statique et immuable, il espère aussi remettre certains navires à l’eau, dont « Vendredi 13″ dès 2017. C’est l’autre grand trait du projet : un musée conçu comme un centre de ressources, vivant, lieu de débat et d’animations. Sur les marins, les bateaux, mais aussi au sens le plus large, sur les océans. À l’approche patrimoniale sera associé une dimension quasiment scientifique. « Je veux un lieu mixte, où les gens se sentent chez eux. L’extérieur sera comme un parvis, on vient, on s’assoit sur un banc, on reste un moment avant d’entrer. La visite racontera les aventures de la mer, mais de façon didactique et scénarisée » a déclaré Norbert Fradin en dévoilant la maquette de son futur bijou. »

Texte : de Denis Lherm pour Sud Ouest

Photo : Jean-Michel Destang